Flou artistique

 À partir du 21 juillet 2021, la présentation du pass sanitaire devient obligatoire à partir de 18 ans pour accéder au musée Rodin.

Flou artistique

À partir du milieu des années 1890, Rodin s’engage dans une nouvelle esthétique. D’après son amie et biographe Judith Cladel (1873-1958), Rodin voit désormais toute chose comme « à travers un imperceptible voile » (1917). Il adoucit les formes de ses sculptures, car les surfaces lisses reçoivent la lumière de manière plus harmonieuse. Une œuvre sans contraste violent est plus lumineuse ; une œuvre aux contours arrondis semble vibrer avec l’atmosphère environnant.

« La douceur des feuilles mortes »

En 1900, Rodin organise sa première rétrospective au pavillon de l’Alma. Il y présente une version en plâtre de La Porte de l’Enfer (visible au musée Rodin – Meudon) dont il a enlevé toutes les figures saillantes, lui donnant une physionomie différente de son esthétique initiale très contrastée. Sur cette porte dépouillée, on ne distingue plus de sujet précis. Offrant une prise égale à la lumière, sans ombre prononcée, l’œuvre est en symbiose avec l’ambiance lumineuse de l’exposition souhaitée par l’artiste : « Tout ce que je réclame pour mon exposition, c’est un ton général pareil à la douceur des feuilles mortes, pour jeter sur la pâleur du marbre ses reflets apaisants ».


L’enveloppement des formes

Rodin favorise l’emploi de certaines techniques. Dans ses dessins, l’aquarelle est appliquée sans tenir compte du contours précis des figures. Comme dans Femme à mi-corps, Rodin utilise le procédé de l’estompe, surtout après 1910, qui lui sert ici à modeler le corps. Dans ses sculptures, le modelé devient plus lisse et les profils moins nets. Rodin va jusqu’à tremper de nombreuses œuvres dans un plâtre très liquide qui enveloppe leurs formes : c’est le cas des bustes d’Hélène de Nostitz. L’aspect inachevé des marbres, appelé non finito, floute les contours et fait vibrer la matière avec l’espace environnant.

Rodin aime l’aspect flou et vibrant des toiles de son ami Eugène Carrière (1849-1906) et des tirages des photographes pictorialistes comme Edward Steichen (1879-1973).

Sélection d’œuvres