hors-les-murs

Auguste Rodin et Félicien Rops

Les embrassements humains

Du 1er octobre 2011 au 8 janvier 2012

Cette exposition présentée dans le cadre de Dessiner-Tracer au musée provincial Félicien Rops de Namur confrontera une soixantaine de dessins de Rops et de Rodin et plusieurs plâtres du sculpteur, pièces issues principalement du musée Rops et du musée Rodin, mais aussi d’autres institutions publiques et de collections privées.

 

« Rodin que je ne connaissais pas et qui ne me connaissait pas est venu un beau soir, me prier de lui montrer toute mon œuvre, ce que je fis gracieusement – je l’avais encore presque complète à cette époque. Il me couvrit de laudations excessives et s’en fut. Le lendemain, Mirbeau me répéta ses éloges & me dit : « Ces embrassements fantastiques, ce mélange de nature & de rêve ont tellement frappé Rodin, qu’il m’a dit qu’il n’avait plus peur, et que lui aussi allait en faire des embrassements humains ! » et il en fit ! », raconte Rops en 1896 à propos de sa rencontre avec le « statutaire » Rodin.

De cette rencontre qui eut probablement lieu en 1884, il existe une deuxième version écrite par émile Bergerat, chroniqueur parisien. Il y relate que Rodin aurait invité Rops à découvrir une œuvre en chantier dans son atelier : La Porte de l’enfer. Rops, ému, se serait alors détourné pour verser deux larmes car, « son idéal du Beau était là, sous ses yeux, réalisé sur terre, en France ».

 

Cette sensibilité partagée poussera les deux artistes à se côtoyer, profitant de leur réseau de relations artistiques et littéraires commun pour se fréquenter lors d’événements mondains ou amicaux. Cependant, les deux hommes évoluent dans des carrières diamétralement opposées : l’un sculpte, l’autre dessine et grave ; l’un se mesure physiquement à la matière, avec les prouesses physiques que cela suppose, dans un atelier où se succèdent ouvriers et modèles, l’autre crée seul avec sa pointe sèche, sa plaque de cuivre, ses crayons et la presse, choisissant ses modèles un à un ; l’un entre dans l’espace public avec des sculptures commandées par l’état, l’autre crée des illustrations pour des livres, des dessins scandaleux pour des amateurs choisis et néglige volontairement de contribuer à des expositions.

 

L’exposition au musée Félicien Rops, fruit d’une collaboration avec le musée Rodin de Paris, retrace la rencontre entre les deux hommes. à travers un parcours évoquant l’ambiance de l’atelier de Rodin, le visiteur découvrira dessins, plâtres et documents permettant d’établir leurs affinités esthétiques. Leur vision moderne commune d’une « nouvelle ève », qu’elle soit dessinée ou sculptée, révèle le corps féminin sans artifice ni pudeur.