Le Corps comme sculpture III

Samedi 19 et dimanche 20 mai

Week-end vidéo à l’occasion de la Nuit des musées. Présentation réalisée en partenariat avec la collection Nouveaux médias, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, Centre Pompidou.

La programmation d'art contemporain du musée Rodin est consacrée spécifiquement à la question du corps comme un élément qui vient déplacer, réinventer notre conception de la sculpture et de l’espace. Les spectateurs pourront découvrir des vidéos d’artistes parmi lesquels Mike Kelley, Absalon, John Wood et Paul Harrison, Erwin Würm, Maïder Fortuné, Mrs & Mr Majida Khattari, Zoulikha Bouabdellah, Ferhat Özgür ...

Cycle 1 / CORPS ET PERFORMANCES
Samedi 19 mai : 14h et 19h | Dimanche 20 mai : 13h

Climbing around my room, Lucy Gunning (Née à Newcastle-upon-Tyne en 1964, vit  et travaille à Londres
1993 / 8' / vidéo / coul. / son

Dans une pièce nue à l’exception de quelques étagères, l’artiste se livre à une mystérieuse performance qui consiste à escalader l’espace et à en explorer et occuper le moindre recoin, sans jamais ou presque poser le pied à terre, enchainant les postures acrobatiques. Contrainte par l’exercice, c’est en retour l’espace de sa propre chambre qu’elle parvient à redessiner à la mesure de son propre corps et de sa fantaisie.

Crash-test, mode d'emploi, Julien Prévieux (Né à Grenoble en 1974, vit  et travaille à Paris)
1998 / 1'30'' / vidéo / coul. / sil.

L'artisite, arborant la cible des crash-tests automobiles, se jette sur ce qu'il croise sur sa route, entrant en collision avec l'architecture, les meubles, les voitures, les passants... Ce parcours d'obstacle déroule sa logique burlesque et absurde et, peu à peu, la maladresse du personnage se révèle comme une attitude frondeuse, parfois violente, consistant à foncer tête baissée pour mieux ébranler les limites de la stabilité du monde qui nous entoure.

Legal Errorist, Mara Mattuschka & Chris Haring (Née à Sofia en 1959 / Né à Schattendore en 1970, vivent et travaillent à Vienne)
2005 / 16'11'' / vidéo / n&b. / son

La Legal Errorist est un être sous l’emprise d’une « error », une défaillance de son propre système qui la plonge dans un état proche de la folie ou de la possession. Mais là où la machine trouverait sa limite et sa fin, l’humain se métamorphose…

Riding Modern Art, Raphaël Zarka (Né à Montpellier en 1977, vit et travaille à Paris)
2005 / 3'40'' / vidéo / coul. / son

Compilation de séquences vidéos trouvées, Riding Modern Art montre des skateurs en train de glisser sur des sculptures modernes installées dans l’espace public : le skateur apparaît alors comme un double de l’artiste, revisitant l’histoire de la sculpture moderne.

Cycle 2 / LE CORPS DANS L’ESPACE
Samedi 19 mai : 15h et 20h | Dimanche 20 mai : 14h

Proposition d’habitation, Absalon (Ashdod 1964 – Paris 1993)
1990 / 3'50'' / vidéo / coul. / son

Vêtu de blanc, l'artiste se déplace dans un espace bâti à sa mesure : des modules géométriques simples, immaculés, qui l’invitent à l'isolement et à l'introspection. Il utilise son corps, le plie et le déplie, pour faire l'expérience de ces objets-mobilier. L'architecture offre des résistances à son corps. Elle lui dicte certaines postures, le contraint par sa rigidité. Le corps est ici mis à l'épreuve : il doit se moduler, s'adapter à l'astreinte de ces volumes.

Selected Tapes, Paul Harrisson et John Wood (Né à Wolvershampton en 1966, vit et travaille à Shropshire/ Né en 1969 à Hong-Kong, vit et travaille à Bristol)
1993-1998 / 37' / vidéo / coul. / son

Les deux artistes mettent leur corps au centre de saynètes burlesques, où ils interagissent avec l’espace, l’architecture, quelques accessoires. Le corps y est objet, les objets y sont corps en mouvement, entre morceaux de bravoure tragi-comiques et poésie de l’absurde.

The Man who carried a bowl, Erwin Wurm (Né à Bruck-an-der-Mur en 1954, vit  et travaille à Vienne)
2000-2001 / 13' / vidéo / coul. / son

Dans The Man Who Carried a Bowl…, un homme devient sculpture vivante, condamné à porter sans cesse un bol à bout de bras, qu’il soit sous la douche ou au volant de sa voiture, sorte de Sisyphe moderne triste et absurde.

Cretto, Raphaël Zarka (Né à Montpellier en 1977, vit  et travaille à Paris)
2005 / 6'30'' / vidéo / coul. / son

Coiffé d’une étrange sculpture rouge, Raphaël Zarka, déambule en aveugle dans les ruelles du Grande Cretto, sculpture monumentale de l’artiste Alberto Burri, construite dans les années 1980 et demeurée inachevée. Ce labyrinthe de béton recouvre les ruines du village de Gibellina en Sicile, rasé par un tremblement de terre. Convoquant à la fois la mémoire du labyrinthe mythologique, du Land Art et de la sculpture minimale, l’artiste dessine avec sa seule déambulation un nouveau territoire.

Cycle 3 / RYTHME ET MEMOIRE DES CORPS
Samedi 19 mai : 16h et 22h | Dimanche 20 mai : 15h

Totem, Maïder Fortuné (Née à Toulouse en 1973, vit et travaille à Paris)
2001 / 10'' / vidéo / coul. / son

Une jeune femme saute à la corde, cadrée en plan serré sur le visage et les épaules. L'image, qui évoque le jeu et l'enfance, est manipulée par des effets subtils de ralentis. Le visage, sous l'effet du mouvement de rebond et de l'étirement temporel, se transforme, s'animalise, se défait jusqu'à évoquer un masque de mort, puis se recompose, pris dans un cycle de métamorphoses.

Videodrome for the Alones: Breaking The 4th Wall, Ms&Mr (Nés à Sidney et à Toronto)
1987-2008 / 5'14'' / vidéo / coul. / son

Le couple d'artistes formé par Ms&Mr construit sa légende et joue à traverser le temps et l'espace de l'image en manipulant d'anciennes bandes VHS d'archives, souvent les leurs propres : ici, le jeune garçon de 11 ans rencontre dans le passé celle qui sera sa compagne plusieurs années après.

Sans Titre, Neil Beloufa (Né à Paris en 1985, vit et travaille à Paris)
2010 / 15' / vidéo / coul. / son

Un décor en carton et photographies reconstitue une villa luxueuse en Algérie. Différents personnages évoquent l'histoire de cette maison, qui bien qu'entièrement vitrée, aurait été le refuge de terroristes. À partir de cette histoire étrange, Neil Belufa construit une œuvre à mi-chemin entre documentaire, fantasme et fiction.

Cada Respiro, Glenda Leon Arevalo (Née à La Havane en 1976, vit et travaille à La Havane)
2003 / 1'50'' / vidéo / coul. / son

Une jeune femme allongée dans l'herbe porte une robe fleurie. Sa respiration, calme et profonde, semble donner souffle à elle seule à toute autre forme de vie, permettant la pousse puis l'éclosion d'une fleur qui émane du motif de la robe.

Cycle 4 / CORPS FEMININ
Samedi 19 mai : 17h et 23h | Dimanche 20 mai : 16h

Bird, Sonia Khurana (Née à Saharanpur en 1968, vit et travaille à New Delhi)
2000 / 3'06'' / vidéo / n&b. / sil.

L'artiste se tient nue sur un socle, comme sur un perchoir duquel elle tenterait de s'envoler. Elle se met sur la pointe des pieds, cherche l'équilibre, tente de battre des ailes, s'élance et retombe invariablement au sol. Métaphore critique de la condition féminine, entre force et fragilité, Bird est un hymne au corps féminin hors des canons de minceur et de beauté idéales.

Mes poupées, Marie-Ange Guilleminot (Née à Saint-Germain-en-Laye en 1960, vit et travaille à Paris)
1993/ 32' / vidéo / coul. / son

Deux mains, celles de l'artiste, pétrissent des objets de couleur chair : ce sont ses poupées, des bas en nylon remplis de graines et de talc, matière malléable qui permet le changement progressif de la forme. Peu à peu, ces poupées deviennent un prolongement de l'artiste et prennent des formes ambivalentes, évoquant tour à tour des organes génitaux d'homme et de femme. Le titre de la bande évoque l'enfance, un temps où la sexualité et l'identité sont encore peu fixés, et approchés sans inhibition.

Metamorphosis Chat, Ferhat Özgür (Né à Ankara en 1965, vit et travaille à Ankara)
2009 / 9'30'' / vidéo / coul. / son

Deux femmes se retrouvent à l'heure du thé. Reprenant la forme des soap-opéras de la télévision turque, Ferhat Özgür transforme un moment banal en un jeu drôle et profond autour des questions de l'identité féminine, du corps, de la fonction sociale du vêtement, dans une société au carrefour des cultures européennes et moyen-orientales.

Illuminées, Halida Boughriet (Née à Paris en 1980, vit et travaille à Paris)
2007/ 4'44'' / vidéo / coul. / son

L'artiste, vêtue d'une burqa, déambule dans la ville. L'écran vidéo, la vision du spectateur, se confondent avec celle de l'artiste elle-même, obstruée par le voile. La vision subjective nous fait épouser totalement le point de vue de l'artiste, pour une expérience radicale.

Cycle 5 / CORPS POLITIQUE
Samedi 19 mai : 18h | Dimanche 20 mai : 17h

Dansons, Zoulikha Bouabdellah (Née à Moscou en 1977, vit et travaille à Paris)
2003 / 5' / vidéo / coul. / son

Cadrée au niveau du bassin, un drapeau français de fortune noué autour des hanches, l'artiste exécute une danse du ventre au son de la Marseillaise. Renvoyant dos à dos les archétypes et clichés identitaires avec une certaine insolence, Zoulikha Bouabdellah renverse le motif guerrier (« Marchons, marchons ») de l'hymne français pour en faire un appel à la joie et au partage (« Dansons »).

Overloaded Echo, Donghee Koo (Née à Séoul en 1974, vit et travaille à Séoul)
2006 / 8'30'' / vidéo / coul. / son

Un mystérieux groupe d'hommes et de femmes sont réunis : membres d'une société secrète ou participants à un jeu de télé réalité, ils deviennent spectateurs et protagonistes d'une mise en scène à la fois absurde et anxiogène, qui évoque la violence de certaines images médiatiques, notamment celles de la guerre d'Irak.

We will win, Mahmoud Hojeij (Né à Beyrouth en 1975, vit et travaille à Beyrouth)
2006 / 8' / vidéo / coul. / son

Telle une métaphore du conflit israélo-arabe, cette saynète réunit trois jeunes hommes, un Libanais et deux Israéliens, jouant à des jeux d'enfants et mesurant leur virilité. Malgré cette fraternité apparente, la confiance ne parvient jamais à s'établir vraiment, et le spectateur est pris à parti dans un jeu d'allusions et de petits complots auquel se livrent les personnages devant la caméra.

Woman in red, Berat Isik (Né à Diyarbakir en 1976, vit et travaille à Diyarbakir)
2006 / 3'01'' / vidéo / coul. / son

Berat Isik joue avec les stéréotypes de la représentation féminine et de l'imagerie télévisuelle ou cinématographique. Sa « femme en rouge » est une femme véritablement explosive, une « bombe » au sens figuré et littéral du terme.  


Programmation
Noëlle Chabert, Conservateur en chef du patrimoine, responsable du service du développement
Amélie Lavin, Conservateur du patrimoine