A la suite de l’exposition Mapplethorpe-Rodin et en écho à la place singulière qu’occupa la photographie dans le travail de sculpteur d’Auguste Rodin, le musée Rodin consacre une exposition à des artistes de la seconde moitié du XXe siècle qui ont pratiqué de front la sculpture et la photographie.

L’exposition présentera une sélection d’œuvres de John Chamberlain (1927-2011), Cy Twombly (1928-2011), Dieter Appelt (né en 1935), Markus Raetz (né en 1941), Mac Adams (né en 1943), Gordon Matta-Clark (1943-1978), Richard Long (né en 1945), Giuseppe Penone (né en 1947), avec l’ambition de mettre en lumière la diversité et la particularité des pratiques et univers artistiques combinant sculpture et photographie, et de proposer ainsi une approche renouvelée de ces techniques, au-delà de la traditionnelle question de leur influence réciproque.

Trappole di luce (piège de lumière)

Giuseppe PENONE, 1995, Cristal, Photographie noir & blanc 

Tulips

Cy TWOMBLY, 1985, Impression sur papier 

Creeley's Lookout

John CHAMBERLAIN, 1979, tôle en acier, peinte et chromé 

Office Baroque - Antwerp

Gordon MATTA-CLARK, 1977, Photographie couleur sur papier 

Rabbit, Shadow-sculpture

Mac ADAMS, 2010 

Metamorphose II

Markus RAETZ, 1992 

Small Alpine Circle

Richard LONG, 1998 


Les huit artistes présentés appartiennent à cette génération et dans la continuité de cette attitude, ils entretiennent une proximité étroite entre photographie et sculpture, au point de ne pouvoir parfois faire la part de chaque pratique. De Richard Long à Giuseppe Penone, de Dieter Appelt à Cy Twombly, l’exposition explore diverses voies de leur alliance et de leur connexion, tantôt activités autonomes (Cy Twombly), tantôt imbriquées dès l’instant de leur production (Richard Long), tantôt en résonnances d’un imaginaire commun  - l’arbre, la croissance, la vision (Giuseppe Penone), - le corps primitif (Dieter Appelt) -, tantôt dans la similitude formelle (John Chamberlain). Liées par les mêmes paradoxes de la vue et de la perception (Markus Raetz) ou par une logique narrative incertaine (Mac Adams), ou double témoignage en creux et en relief d’une intervention irréversible sur des architectures abandonnées (Gordon Matta-Clark).

L’exposition démontre ainsi un élargissement considérable des catégories formelles et conceptuelles évoquées par les termes de « sculpture » et « photographie » avec des œuvres surprenantes mais toujours convaincantes, qui travaillent le corps humain, la matière, la lumière, le paysage.

Parallèlement à la réouverture du musée Rodin, cette exposition propose une autre « ouverture » à des formes modernes de la sculpture et de la photographie, élaborées par huit artistes qui font écho aux passions de Rodin.

Commissariat

Michel Frizot, historien de la photographie
Hélène Pinet, responsable de la photographie au musée Rodin

Scénographie

L’Atelier Maciej Fiszer, scénographie
Bastien Morin, graphisme
Alexis Coussement Lumières, éclairage