Robert Doisneau, sculpteurs et sculptures

Du 14 mars au 22 novembre 2015

IMPORTANT : le musée Rodin de Meudon est fermé au public jusqu'à la fin de l'état d'urgence.

L’atelier de Doisneau à Montrouge n’était pas éloigné du musée Rodin à Meudon où il aimait quelque fois faire poser ses modèles, loin du tumulte parisien. Aussi, le 25 septembre 1993, il choisit la Villa des Brillants pour photographier le dessinateur Philippe Druillet avec qui il partageait un projet de bande dessinée, Paris de fous. Dernier portrait. Dernier projet. Il meurt six mois plus tard sans voir paraître l’ouvrage qui ne sera publié qu’en 1995.
 

Ces images ont été le point de départ de cette exposition. La familiarité de Doisneau avec le musée Rodin a suscité l’envie de montrer son oeuvre à travers les liens étroits qui l’unissaient aux sculpteurs et à la sculpture. Les trente tirages présentés, parmi lesquels des photographies devenues des icones côtoient des inédites, donnent un aperçu de la richesse de ce thème. A l’occasion de reportages, de commandes, de rencontres fortuites ou amicales, le photographe fréquentera, tout au long de sa carrière, de très nombreux ateliers de sculpteurs parmi lesquels Arp, Canonici, César, Giacometti, Hajdu, Hernandez, Henri Laurens, Parpan, Tinguely, Niki de Saint Phalle et enfin Voisin.

Homme des villes, Doisneau aimait photographier la statuaire qui orne les places et les jardins publics. C’est l’occasion de prises de vue ludiques et pleines d’humour comme celles réalisées à l’improviste lors de l’installation des sculptures de Maillol dans le Jardin des Tuileries. Méconnues mais plus piquantes sont celles où l’on voit Dina Vierny orchestrer les opérations.

Après la Seconde Guerre mondiale, le nom de Rodin ne connaissait pas l’engouement dont il bénéficie aujourd’hui et Doisneau, comme le public, ne retient de son oeuvre que sa sculpture la plus emblématique du Penseur. L’histoire commence en 1950, à l’occasion d’un reportage à la fonderie Rudier où l’on voit, par une succession d’images, les formes de la ronde bosse émerger du moule avant d’être soulevée par un treuil pour être fixée sur sa base. Quelques années plus tard, le photographe réalise plusieurs prises de vue de la sculpture dans le jardin du musée avec les Invalides en arrière-plan. En 1993, c’est derrière le Penseur que Druillet, facétieux, prend la pose pour son ami Doisneau. Par un effet de perspective, le dessinateur, vêtu de noir semble à l’échelle du poète en bronze. La boucle était bouclée.

Accueillie au sein de l'atelier des antiques récemment rénové, cette exposition est la deuxième proposée au musée Rodin de Meudon. Elle témoigne du développement, tant sur le volet culturel que social, de cet endroit où Rodin vécut. A la fois demeure d'artiste et atelier, le maître avait voulu en faire un lieu de création et de rencontre.

  • Robert Doisneau, Tinguely, Portrait de l'artiste, Paris 1959, © Atelier Robert Doisneau.

  • Robert Doisneau, Fonte du Penseur dans l'atelier Rudier à Malakoff, 1950, épreuve gélatinoargentique, ph.7001, © Musée Rodin

  • Robert Doisneau, Fonte du Penseur dans l'atelier Rudier à Malakoff, 1950, épreuve gélatinoargentique, ph.7002, © Musée Rodin

  • Fonderie Rudier, 1950 (Penseur sorti de sa gangue), tirage argentique moderne, © Atelier Robert Doisneau

  • Alberto Giacometti dans son atelier, Paris 1957, © Atelier Robert Doisneau

Commissaires de l’exposition

Hélène Pinet, responsable de la recherche et des collections de photographies
Cyrielle Durox, chargée des dessins, peintures et collections de photographies​

En collaboration avec l'Atelier Robert Doisneau