Octave Mirbeau (1848-1917), écrivain, journaliste, critique et amateur d’art est aujourd’hui présenté au musée Rodin à l’occasion du centenaire de sa disparition. Le Journal d’une femme de chambre, incarnée à l’écran par l’actrice Jeanne Moreau dans un film de Luis Bunuel en 1964 reste son œuvre la plus connue. Mais Mirbeau fut aussi un dénicheur de talent, un défricheur des avant-gardes et un justicier des arts. Les mots d’un journaliste en 1900 qui déclarait « Rodin est grand, Mirbeau est son prophète » résume parfaitement la relation privilégiée et la belle amitié qui unirent l’artiste à l’homme de lettres jusqu’à leur mort en 1917.

 

En 1884, sur le chantier de la Porte de l’Enfer, il est parmi les premiers à saisir l’essence même du travail de Rodin et usera toute sa vie de sa plume redoutable pour défendre celui qui renouvèle la sculpture de son temps.

Les manifestations de cette amitié sont nombreuses, qu’il s’agisse des portraits de l’écrivain sculptés par Rodin ou de l’exposition Monet-Rodin, présentée à Paris en 1889, dont Mirbeau est l’un des artisans. En 1902, vingt dessins de Rodin viennent illustrer une édition luxueuse du Jardin des Supplices, roman composé par Mirbeau en 1899.

Collectionneur, il accumule des œuvres des plus grands artistes de son temps, des toiles de Monet, Cézanne ou Van Gogh et des sculptures, notamment de Camille Claudel et de Rodin. Grand amateur d’art, dénicheur de talents et ardent défenseur des avant-gardes, Octave Mirbeau rédige des chroniques qui ont un impact inestimable sur le public.

Le parcours Mirbeau au musée

Le musée propose un dépliant reprenant les textes que Mirbeau écrivit sur les grandes œuvres de Rodin. La salle 12 et le cabinet d'arts graphiques rassemblent l'édition du Jardin des supplices illustré par Rodin et un ensemble d'œuvres se rapportant à Mirbeau. Le parcours se poursuit dans le jardin du musée. Une façon originale de parcourir le musée avec cet ardent défenseur de l'artiste.

 

« Tout ce qui est sorti de son cerveau et tout ce que sa main créa, - idées et matière, pensées et forme, même le plus humble cherchement de sa plume sur des bouts de papier volant, même le plus rapide pétrissement d’une esquisse dans la glaise, - vaut d’être pieusement conservé. Il importe que toutes les manifestations de sa pensée, linéaires ou plastiques, soient rassemblées, car elles sont un exemple de ce que l’étude constante, l’observation, la vie surprise dans le plus fugitif ou le plus familier de ses rythmes, peuvent développer un cerveau comme celui d’Auguste Rodin. »

Octave Mibeau, L’Art et les artistes, 1914