6- Marbres

Les années 1890 marquent un accroissement très net de la production de Rodin, qui commence à développer, dans son oeuvre en marbre, le style très particulier qui devient rapidement sa marque : la figure semble émerger du bloc, dont une partie est laissée brute. C’est le cas dans de nombreux bustes, comme ceux représentant Madame Fenaille, l’épouse d’un important mécène de Rodin. Séduit par la courbe du cou de la jeune femme, le sculpteur donna plusieurs versions de son portrait en faisant varier la position de sa tête.

La Centauresse est en quelque sorte une allégorie de la sculpture. Par sa nature hybride, mi-humaine, mi-animale, le centaure est en effet une image traditionnelle de l’âme luttant contre le corps, de l’esprit cherchant à se libérer de la matière. Autre sujet d’inspiration symboliste, La Main du Diable est un bon exemple de la manière dont Rodin travaille : il cherche sa composition dans le plâtre, en assemblant une grande main et une petite figure féminine. Il confie la maquette à un praticien, assistant chargé de tailler le marbre grâce à un système de report de points depuis le modèle vers le bloc de pierre.

Le Sommeil en marbre - © Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

Quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la peinture conservés par le musée sont exposés dans cette salle, et notamment les trois toiles de Vincent Van Gogh (1853-1890) que Rodin acheta peu après la mort du peintre. Le tableau d’Edvard Munch (1863-1944), quant à lui, a été acheté par le musée en 1985. Il représente Le Penseur dans le jardin du Dr Linde, un grand collectionneur allemand, mécène de Munch et de Rodin.

< SALLE 5- 1900, l'exposition de l'alma