2- La Porte de l'Enfer

Remarqué par l’administration des Beaux-Arts, l’artiste obtient la commande d’un projet de porte monumentale pour un musée des arts décoratifs que l’on envisage alors de créer à Paris. Enthousiaste, Rodin dessine et modèle plusieurs maquettes ainsi que de nombreux groupes et figures. La conception d’ensemble de cette oeuvre, qui sera bientôt connue sous le nom de La Porte de l’Enfer, s’organise peu à peu.

Tandis que sa deuxième maquette montre une foule de petits personnages dans des caissons, la troisième dévoile une structure plus claire : au centre du tympan, Le Penseur domine la composition ; au bas de chacun des vantaux, deux groupes se détachent, qui correspondent au Baiser et à Ugolin et ses enfants. Rodin mène ses recherches en modelant à différentes échelles des figures de damnés inspirées par L’Enfer, le premier livre de La Divine Comédie de Dante Alighieri (1265-1321), dans lequel le poète florentin décrit sa traversée des neuf cercles infernaux.

Le Penseur - © Musée Rodin - Christian Baraja

Le Penseur est ainsi à l’origine une image de Dante lui-même, méditant sur son oeuvre et sur les malheurs des hommes. Le Baiser représente Paolo et Francesca cédant à un amour qui leur était interdit, et qui entraîna leur perte. Quant à Ugolin, condamné à être enfermé vivant avec ses enfants pour avoir trahi sa ville de Pise, il apparaît ici dans ses deniers moments, conformément au récit qu’il fit à Dante : rampant sur le corps de ses enfants, il finit par céder à la faim, avant de mourir à son tour.

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