9- Jeux de matériaux

Les deux dernières salles du parcours présentent quelques-uns des procédés de création que Rodin développe particulièrement après 1900. Dans une large mesure, il s’agit pour le sculpteur de réutiliser des groupes, des figures ou des fragments de ses oeuvres antérieures et d’en donner de nouvelles versions. L’assemblage est un procédé traditionnel en sculpture, mais Rodin pousse l’expérimentation bien plus loin que cela n’a été fait jusqu’à cette période, par lui-même ou par d’autres. Il n’hésite pas à rapprocher des éléments hétérogènes pour créer une oeuvre nouvelle, dans laquelle apparaît soudain une signification inattendue, une émotion que l’artiste lui-même n’avait pas prévue. Les petites figures en plâtre qu’il place dans des vases antiques de sa collection semblent ainsi jaillir du fond des âges, tandis que l’on ne sait si la main de l’un des Bourgeois de Calais protège ou menace le Masque de Camille Claudel auquel elle est assemblée. Rodin aime également transformer l’expression d’une oeuvre par sa déclinaison dans des matériaux nouveaux : la pâte de verre, pour les portraits de Hanako et de C. Claudel, et le grès, pour la Tête de Balzac. Le plâtre, lui aussi, peut prendre des aspects variés : en trempant une épreuve du petit Buste d’Hélène de Nostitz dans un lait de plâtre, Rodin lisse sa surface et adoucit son modelé. Il poursuit la transformation en rehaussant certains de ces bustes de traits de crayons ou d’annotations qui suggèrent diverses interprétations.

< 8- 1900, L'EXPOSITION DE L'ALMA