8- 1900, l'exposition de l'Alma

La décennie 1890 est pour Rodin une période compliquée : elle est marquée au plan personnel par la rupture avec Camille Claudel, et au plan professionnel par d’intenses recherches pour faire aboutir les monuments à Balzac et à Victor Hugo. Surmontant ces épreuves, Rodin s’affirme comme le plus grand sculpteur français, et il entend le démontrer à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, en 1900, année de ses soixante ans. Soutenu par ses amis, il installe un grand pavillon place de l’Alma, dans lequel il présente une rétrospective de toute sa carrière, mêlant dessins, sculptures et photographies de ses oeuvres. C’est à cette occasion qu’il expose pour la première fois sa Porte de l’Enfer, dans une version dépouillée de la plupart de ses figures. Le plâtre domine très largement dans cette exposition, et Rodin n’hésite pas à montrer des oeuvres inachevées ou fragmentaires, pour mieux faire comprendre aux visiteurs la façon dont il travaille. À cette occasion, l’artiste met en scène son oeuvre de manière très libre et très inventive. Il installe ainsi de nombreux groupes et figures sur des colonnes en plâtre afin de les isoler et d’en donner une vision nouvelle. C’est le cas du buste de Madame Fenaille, dont le vêtement déborde largement devant la gaine sur laquelle elle est placée. Le petit groupe équestre du Général Lynch, maquette pour un monument qui ne vit pas le jour, se trouve pour sa part totalement renouvelé par le simple rapport d’échelle qu’il entretient avec la colonne qui le supporte.

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