2- Travaux décoratifs

Rodin revient à Paris en 1877 avec l’espoir de s’imposer sur la scène artistique. Déçu par la réception de L’Âge d’airain, il se remet au service de Carrier-Belleuse. Sur un dessin de son maître, il modèle les figures masculines qui ornent le piédestal de la Jardinière aux Titans, inspirées des oeuvres de Michel-Ange qu’il a vues en Italie en 1876.

C’est encore Carrier-Belleuse qui le fait entrer à la Manufacture de Sèvres, dont il est le directeur artistique. Rodin s’y essaye avec brio aux techniques de décoration sur porcelaine.

Il poursuit dans la veine décorative qui avait constitué une part importante de sa production en Belgique. Un ensemble d’oeuvres en terre cuite constitue un bon exemple des techniques traditionnelles qu’il avait apprises, et qu’il utilisera tout au long de sa carrière. Ces groupes sont composés par assemblage de deux figures, une Vénus assise et un petit Amour, reproduites par moulage et déclinées en multiples variantes. Plus tardive et plus ambitieuse, L’Idylle d’Ixelles relève de la même esthétique inspirée du XVIIIe siècle.

Désireux de se faire connaître, Rodin tente sa chance en 1879 dans deux concours républicains. Le premier est destiné à la création d’un monument commémorant la défense de Paris durant la guerre de 1870. Rodin présente une maquette pleine de fougue, fort peu conventionnelle, qui n’est pas retenue. Dans le second concours, pour une image de la République, le sculpteur n’est pas plus heureux : son buste, très orné et très expressif, est irrecevable pour un jury qui doit s’attacher à créer les symboles du nouveau régime.

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