La Pensée

Auguste Rodin (1840 -1917)

La Pensée

Contemplation ou Tête de femme

1888? 1889?

Marbre

H. 74,2 cm ; L. 43,3 cm ; P. 46 cm

S.1003/ Lux 155

Marbre, 1893-1895
Praticien : Victor Peter
Signé : A. Rodin

La Pensée est sans doute l’une des oeuvres les plus célèbres de Rodin. Cette tête de femme où l’on reconnaît le visage de Camille Claudel, émergeant d’un bloc laissé brut, à peine équarri, a suscité une abondante littérature. D’autres oeuvres, comme L’AuroreL’Adieu ou La Convalescente, ont réutilisé le visage de la jeune femme. Victor Peter, le praticien, pensant que Rodin voudrait une collerette sous la coiffe, n’avait pas plus avancé le travail. Rodin aurait alors ordonné d’en rester là : « N’y touchez plus », aurait-il dit, tandis qu’un ami se chargeait de baptiser l’oeuvre, y voyant la pensée s’extrayant de la matière, à moins que ce ne soit la beauté, et cette lecture se précise dès 1911 dans L’Art (Gsell, 1911, p. 160 [sur La Pensée] ou p. 211 [sur la beauté]). Selon son secrétaire Chéruy, c’est à Florence que Rodin aurait puisé l’idée de laisser les figures dans le bloc : « Comme une partie du petit poème ou drame enfermé par son marbre. » Créé en 1888, ou 1889 selon Camille Mauclair, sous la forme d’une terre cuite dite La Petite Bretonne (Leipzig, musée des Beaux-Arts), l’oeuvre évoque Le Psaume de Camille Claudel, daté des mêmes années. Acheté 700 francs en 1896 par Mme Durand, à la suite de sa présentation au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1895, le marbre est exposé en 1900 à l’exposition de l’Alma et donné en 1902 au Luxembourg. Il est confié au musée Rodin en 1918, puis déposé au musée d’Orsay en 1986. Les conditions de l’achat étaient que Rodin ne ferait cependant pas plus de deux autres exemplaires et donnerait la maquette à Mme Durand. On connaît un autre exemplaire, celui de Philadelphie (réalisé par Raynaud en 1900-1901), acheté par J. Johnson à ces mêmes dates (1901) et donné au Philadelphia Museum of Art.