Le Jour et la Nuit

Le Jour Et La Nuit
© Musee Rodin - Photo : Jérôme Manoukian

Auguste Rodin (1840 -1917)

Le Jour et la Nuit

Consolation

1909

Marbre

H. 74 cm ; L. 112 cm ; P. 57 cm

S.1207

Marbre, 1909
Praticien : Léon-Ernest Drivier

Ni signé, ni daté

On sait peu de chose du groupe Le Jour et la Nuit : le titre renvoie à une dichotomie, que l’on peut qualifier de symboliste, des deux grandes puissances qui rythment nos vies ; il rappelle la symbolique de la chapelle des Médicis de Florence, où Michel-Ange avait déjà confronté les deux thèmes, mais placés dos à dos. Ici, deux figures échappées de La Porte de l’Enfer (Polyphème et la Douleur no 2) s’affrontent et s’enlacent à la fois. La maquette préparatoire montre bien que l’organisation en haut relief était prévue de longue date par Rodin. Faire jouer des corps sur un fond, accrocher des figures comme sur un tableau, pour reprendre une expression de Camille Mauclair, est, en effet, l’un de ses axes de travail. Les deux corps polis et lisses s’opposent à un fond strié de longues traces rayonnantes, tracées à la gradine. La partie antérieure marquée de coups de pointes montre peut-être des indications de Rodin préparant un dégagement ou un amincissement de cette partie, qui n’a pas été réalisée. Ce marbre a priori unique semble inachevé : les points de basement sont très apparents, les corps ne sont pas entièrement polis, la partie avant du marbre est marquée à la pointe. Néanmoins, comme souvent, il est difficile de déterminer ce qui était volontaire de la part de l’artiste ; la correspondance avec Léon-Ernest Drivier, le praticien, indique seulement un acompte en avril et en mai 1909, tandis qu’en août, Drivier, qui avait travaillé dans son atelier, fait transporter le marbre rue de l’Université, au Dépôt des marbres, où Rodin avait un atelier depuis 1880. Il reçoit le solde de tout compte à la fin d’août 1909.

Le Jour Et La Nuit
© Musee Rodin - Photo : Jérôme Manoukian