Mains d'amants

Mains d'amants
© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

Auguste Rodin (1840 -1917)

Mains d'amants

Epousailles ou Etudes de mains

1904

Marbre

H. 44,3 cm ; L. 56,9 cm ; P. 36,5 cm

S.1108

Praticien inconnu
Ni signé, ni daté

Cette oeuvre particulièrement symbolique s’inscrit dans la série des « mains monuments » que Rodin réalise à partir de petites maquettes inédites autour de 1900. Main de Dieu, Main du diable, Le Secret ou La Cathédrale, Rodin sut reprendre et magnifier ces abattis isolés, moulés en série pour constituer un répertoire de formes, et leur donner la forme aboutie et définitive que permet la traduction en pierre ou en marbre. Ce dernier matériau donne aux réalisations une densité et un éclat auquel ne peut prétendre le bronze, et qui convient parfaitement à la traduction de sujets symboliques. Le passage de la maquette initiale, le plus souvent de petites dimensions, à l’oeuvre finale en marbre sans recourir à une maquette intermédiaire, laisse Rodin libre d’intervenir à chaque instant pour modifier un aspect, tout en compliquant parfois le travail du praticien, non identifié ici. La maquette des Mains d’amants est d’une audace inouïe. Rodin se sert de ce qu’il a à disposition, une brique, pour base de sa composition. Son geste de créateur est spontané, il place sur ce support improvisé deux petites mains droites, l’une féminine, l’autre masculine, les fixe à l’aide de plâtre frais et liquide, dont une coulée marque encore la brique. Les points justes (clous) ont été ajoutés pour la mise aux points, tandis qu’une inscription au crayon sans doute de la main de Rodin (peu lisible aujourd’hui) rappelait la dimension symbolique de la composition : « protection et espérance ». Le côté presque chaotique de cet assemblage disparaît dans la version en marbre, beaucoup plus lisse et unifiée. Le traitement du bloc, qui permet de nuancer le rendu des effets de surface, reste doux et évite les forts contrastes. 

Mains d'amants
© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja