Diane

Diane
© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

Auguste Rodin (1840 -1917)

Diane

Vers 1875-1879

Marbre

H. 62 cm ; L.31 cm ; P.23 cm

S.5822

Marbre, vers 1875-1879
Praticien inconnu.
Signé, sur le côté droit de la Base : A. Rodin

 

Rodin modela dans sa jeunesse de nombreux bustes décoratifs, pour la plupart féminins, diffusés le plus souvent en terre cuite, matériau idéal pour le rendu de la chair. Par l’ampleur de la composition et la richesse illusionniste du traitement des détails (chevelure, drapé…), cette Diane est à rapprocher de la Jeune Fille aux écoutes du musée des Beaux-Arts de Grenoble et du Buste féminin du musée des Beaux-Arts de Rennes, tous deux en marbre. Ces bustes, plus ambitieux que les oeuvres du début des années 1870, s’inscrivent dans le sillage de ceux de Jean-Baptiste Carpeaux et d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse, deux artistes qui ont beaucoup admiré la sculpture du XVIIIe siècle et qui ont contribué à la remettre au goût du jour. Rodin a clairement revendiqué l’influence du premier, et il a travaillé pour le second à plusieurs reprises entre 1864 et 1882.

 

Dans le cas présent, Rodin recourt à une référence tout à fait traditionnelle : le croissant de lune, le carquois et la dépouille identifient cette jeune femme comme une Diane, même si sa grâce ingénue et le raffinement de sa coiffure en font une chasseresse fort peu redoutable. La référence à cette divinité protectrice de la vie sauvage a été fréquemment utilisée au XVIIIe et au XIXe siècle pour donner un accent mythologique à des portraits féminins, ou à des bustes destinés à orner la niche d’une façade ou l’intérieur d’une demeure (souvent en pendant d’un buste de son frère Apollon, dont le soleil était l’emblème). Jean-Antoine Houdon, James Pradier, Carrier-Belleuse et Alexandre Falguière, entre autres, ont créé des modèles sur ce thème.

Diane
© Musée Rodin - Photo : Christian Baraja