L'Âge mûr ou la Destinée, ou Le Chemin de la vie, ou La Fatalité

L'Age mûr, première version
© Musée Rodin - ADAGP - Photo : Christian Baraja

Camille Claudel (1864 -1943)

L'Âge mûr ou la Destinée, ou Le Chemin de la vie, ou La Fatalité

1899

Bronze

H. 121 cm ; L. 181,2 cm ; P. 73 cm

S.1380

Fonte Frédéric Carvilhani, après 1913, titré et signé sur la terrasse.

Don de Paul Claudel, 1952.

La première version de L’Âge mûr, dont on ne possède qu’un exemplaire en plâtre, est datable de 1894-1895 d’après la lettre envoyée par Camille Claudel à son frère Paul, en décembre 1893, où elle est désignée par l’artiste sous le titre du «groupe des trois». La sculptrice envisageait d’introduire un arbre penché dans le groupe pour exprimer plus fortement encore l’idée de destinée, centrale à ses yeux.

 

La deuxième version de L'Age mûr fait suite à une commande de l'Etat français en 1895, mais si l'œuvre est bien terminée par l'artiste et payée en 1898, elle ne fut jamais livrée au Dépôt des marbres. Elle est, en revanche, fondue deux fois en bronze, en 1902, par Thiébaut Frères, pour le compte d'un particulier, le capitaine Tissier (musée d'Orsay, Paris) et en 1913, par Carvilhani (musée Rodin, Paris), avant que le plâtre qui avait servi de modèle pour les fontes ne disparaisse. 

 

Souvent interprétée dans un sens autobiographique comme illustration des hésitations de Rodin entre sa vieille maîtresse, Rose Beuret, et sa jeune amante, Camille Claudel, L'Àge mûr apparaît surtout comme une variation autour du thème de la destinée. Dans un mouvement d’irrésistible entraînement, l’homme, encore tenu fermement par la jeunesse et la vie dans la première version, est arraché dans la seconde aux bras tendus de la jeune suppliante par la vieillesse et la mort. Les drapés tourmentés, les ombres violentes rapprochent cette deuxième version de l’esthétique « Art nouveau ». 

 

Crédits photo : © ADAGP, Paris, 2012

L'Age mûr, première version
© Musée Rodin - ADAGP - Photo : Christian Baraja