Auguste Rodin (1840 -1917)

Victor Hugo

Marbre

H. 65,7 cm ; L. 84 cm ; P. 42,7 cm

S.1204

Buste, 1883
Marbre entre 1916 et 1918
Praticien Arisitide Rousaud

Ni signé, ni daté

On retrouve dans ce portrait tardif les traitsde Victor Hugo tels que Rodin les avait saisis dans le buste du poète dit À l’illustre maître, réalisé en 1883 au domicile même de l’écrivain. La transposition en marbre lui donne une présence forte, le visage se dégageant de la masse du bloc, taillé de manière vive et brutale, qui lui sert de socle. Le traitement plus fin de la barbe et des cheveux, marquant le matériau de stries régulières, dessine une transition entre la partie laissée fruste de la base et le rendu lisse, presque translucide de la peau. La monumentalité de cette oeuvre, due en grande partie à ces jeux de contraste, et le caractère à peine dégrossi de la partie inférieure, qui, en termes de volume, est la plus importante, incitèrent à penser l’oeuvre inachevée, ce dont la presse de l’époque se fit l’écho. Le praticien fut sollicité après la mort de Rodin par le conservateur du musée, Léonce Bénédite, pour savoir ce qu’il en était, le marbre étant signalé « en train » dans la donation. « Le Maître a vu son oeuvre construite par grands volumes pour le plein air avec des détails de modelé puissants, aigus mais enveloppés pour obtenir le contraste large et fort, d’une masse solide et d’une vie intérieure intense et profonde, lui répondit Rousaud. Il a surveillé le travail d’une façon continue et lorsqu’il l’a vu dans l’état où il est actuellement, il a jugé que sa pensée était traduite comme il l’avait conçue. Le buste est terminé. S’il était encore là il n’accepterait pas d’y reprendre un coup de ciseau » (Rousaud à Bénédite, 23 juin 1922, AMR).

Un premier buste en marbre fut entrepris dès 1883 par Bozzoni. Il ne put être terminé à temps pour figurer au Salon de 1884, et c’est donc un bronze qui y fut présenté et accueilli avec succès. Six versions en marbre, exécutées entre 1887 et 1917 par les praticiens Bozzoni, Bertrand-Jacques Barthélemy, Rousaud et sans doute Jean Baffier, sont répertoriées aujourd’hui (1887, Cambridge, Fogg Art Museum, Harvard University ; Moscou, musée national A. S. Pouchkine ; 1889, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris ; S. 464 et S. 1204 ; Lisbonne, Fondation Calouste Gulbenkian).

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