Auguste Rodin (1840 -1917)

La Danaïde

1889

Marbre

H. 36 cm ; L. 71 cm ; P. 53 cm

S.1155 / Lux.90

Marbre, 1890
Praticien Jean Escoula.
L'oeuvre est signée sur la base, près de la tête : A Rodin.

Conçue pour La Porte de l’Enfer, vers 1885, cette figure n’y apparaît plus dans la dernière version. Sur un thème mythologique - les filles de Danaos, les Danaïdes, sont condamnées à remplir éternellement une jarre sans fond, pour avoir tué leurs jeunes époux le soir de leurs noces – Rodin construisit avant tout un paysage féminin, en mettant en valeur la ligne du dos et de la nuque de la Danaïde.

 

Il choisit non pas, comme dans l’iconographie traditionnelle, le moment du remplissage mais celui du désespoir devant la stérilité et l’inanité de la tâche. Épuisée, la Danaïde repose la tête « comme un grand sanglot » sur son bras. Sa chevelure répandue, que Rainer Maria Rilke disait « liquide », se confond avec l’eau qui s’écoule de sa jarre. Son corps est poli comme de l'ivoire, tandis que le bloc de marbre dont elle semble émerger est taillé beaucoup plus sommairement, gardant la trace des outils.

 

Appelée aussi La Source, elle fut acquise par le musée du Luxembourg après son exposition à la Société nationale des Beaux-Arts en 1890.

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