Auguste Rodin (1840 -1917)

La Force et la ruse, Centaure au galop enlevant une femme

Vers 1880

Plume, lavis d'encre et gouache sur papier, collé sur un support contrecollé sur carton

H. 15,5 cm ; L. 19,2 cm

D.5087

Au milieu d’un univers imprécis de lavis d’encre et de gouache, émerge un dessin tourmenté, d’une beauté sauvage, représentant la violence d’un accouplement mythique, celui d’une femme et d’un centaure. Il est difficile de distinguer si l’on a affaire à la violence d’un enlèvement ou à l’élan fougueux d’une femme, enjambant avec ardeur la croupe d’un centaure.

 

Le centaure, cette fusion de l’homme et du cheval qui figure les combats tumultueux de l’âme et du corps, de l’ange et de la bête, est l’un des thèmes favoris de Rodin dans les années 1870-1880. Ce dessin d’imagination fait partie de la période des « dessins noirs » de l’artiste bien qu'il n’illustre pas un épisode de L'Enfer de Dante, mais trouve plutôt sa source dans un autre des ouvrages de prédilection de Rodin, Les Métamorphoses d’Ovide.

 

Dans cette pièce presque monochrome qui met en scène des corps volumineux, michelangelesques, le lavis brun orageux, mêlé de gouache, vient recouvrir et masquer les traits au crayon ou à l’encre, dans une tension constante entre forme et disparition, entre intention et hasard.

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