Auguste Rodin (1840 -1917)

Fleur de sommeil. Jeune mère embrasse son enfant

Après 1900

Crayon et aquarelle sur papier

H. 25 cm ; L. 32,5 cm

D.4805

Un jus d’aquarelle ocre, rapidement passé sur le corps féminin, unifie la figure étendue et la détache du fond. Le lavis ne demeure cependant pas dans les limites du contour, et comme dans la plupart des aquarelles de la maturité de Rodin, s’étale en deçà et au-delà du trait de crayon, ou crée par endroits des taches, des auréoles nuageuses de couleur détrempée.

 

Le dessin est annoté par le sculpteur « Fleur de sommeil ». Les titres chez Rodin sont, très souvent, attribués et inscrits a posteriori, parfois proposés par son entourage. Pour l’artiste, le titre était secondaire : « Il faut avant tout prendre la nature telle qu’elle s’offre et, l’œuvre achevée, lui trouver si l’on y tient, sa signification précise. ».

 

Le dessinateur a dû revenir sur cette œuvre et donner, de quelques traits d’un crayon plus épais, une assise et un fond à la femme assoupie. C’est sans doute alors qu’une sorte de poupon semble avoir émergé de la tache d’aquarelle, sous le menton du nu endormi et que Rodin en a précisé les traits et complété le titre, en y ajoutant : « Jeune mère embrasse son enfant ».

 

Cette œuvre montre bien la façon dont Rodin se laisse volontiers guider par le pouvoir évocateur d’une tache, et intégre le hasard dans son processus créateur.

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