Auguste Rodin (1840 -1917)

Feuille d'études

Vers 1875-1876 (?)

Crayon, plume et encre brune, lavis brun et gouache sur cinq papiers découpés et collés sur une page d'un album désassemblé

H. 26,4 cm ; L. 33,3 cm

D.274 à D.279

Le voyage de Rodin en Italie en 1875-1876 est décisif. Dans une lettre qu’il adresse à Rose Beuret, sa compagne, il écrit : « Te dire que je fais depuis la première heure que je suis à Florence, une étude de Michel-Ange ne t’étonnera pas, et je crois que ce grand magicien me laisse un peu de ses secrets. »

 

Rodin remplit de nombreux « carnets de poche » de croquis les plus divers, puis, dans un deuxième temps, découpe ces derniers et les réassemble suivant un ordre nouveau, en fonction d’une logique parfois mystérieuse, en les collant sur la feuille d’un album.

 

Dans la figure mi-allongée sur un fronton, en haut de la feuille, dans celle étendue sur un support, plus à droite, on retrouve sans peine, traduits par un réseau fin de lignes d’encre rapides et emmêlées, les mouvements en torsion et les attitudes contrariées des Esclaves ou de l’Aurore de Michel-Ange, propres à exprimer les tourments de la condition humaine. La femme à l’enfant, à gauche, semble reprendre quant à elle l’attitude du Moïse du même artiste. Pour donner vie à ces figures, la recherche de cette fougue condensée dont Rodin parle à Paul Gsell dans ses « Entretiens », se conjugue à celle du modelé, subtilement rendu par des contrastes de couleur. Ces figures – qui ne sont que des projets – montrent que sans jamais les reproduire, Rodin s'inspire très librement des modèles que lui proposent le maître de la Renaissance italienne.

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