Auguste Rodin (1840 -1917)

Femme nue à la jambe gauche écartée

Vers 1890

Crayon au graphite, encre brune, pastel rouge, plume

H. 20,2 cm ; L. 12,7 cm

D.2165

À partir de 1890, la notoriété venant, Rodin a enfin les moyens d’employer régulièrement des modèles. Le corps de la femme, dans tous ses états, devient, à quelques exceptions près, son unique sujet d’exploration. En refusant toute pose, il dessine son modèle, lui demandant de bouger et de circuler dans son atelier en toute liberté, et fixe avec une étonnante vivacité tel ou tel mouvement qui lui semble juste et particulièrement expressif.


Femme nue à la jambe gauche écartée n’a rien d’académique. C’est un dessin sans aucun modelé, aux contours autoritairement affirmés, au crayon et à l’encre, qui détachent une silhouette au mouvement déhanché sur le blanc du papier. La durée d’observation comme la durée d’exécution est très brève. Cette recherche d’instantanéité et de caractérisation d’un mouvement vrai et expressif est révélée par la reprise insistante des traits de contour et par leur correction au trait de pastel rouge. Ce dessin semble annoncer l’énergie des dessins fauves et les recherches graphiques, autour de 1903-1906, d’Henri Matisse qui écrivit  « Nous nous efforcions de découvrir très rapidement ce qu’il y a de caractéristique dans un geste, une attitude. Delacroix ne disait-il pas : On devrait pouvoir dessiner un homme tombant du sixième étage » (Guenne, 1925).

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