Auguste Rodin (1840 -1917)

Deux femmes nues à demi allongées

Vers 1900

Crayon et aquarelle sur papiers découpés et assemblés

H. 32,6 cm ; L. 26,2 cm

D.5192

Quand, dans l’un ou l’autre de ses dessins, l’attitude ou le mouvement d’une figure plaisent tout particulièrement à Rodin, il arrive, à partir de 1900, que le sculpteur la découpe de façon à pouvoir la manipuler. L’artiste se constitue ainsi une réserve de silhouettes découpées, prélevées dans ses dessins. Il peut ensuite choisir deux ou trois de ces figures et les associer pour créer une nouvelle composition. Une fois le nouvel assemblage réalisé, Rodin en prend un calque et le reporte sur une autre feuille qu’il recouvrait d’aquarelle. 


Deux femmes nues à demi allongées est le résultat d’un tel assemblage, dont Rodin accentue le relief en faisant passer le bras de l’une des femmes par-dessus les jambes de l’autre. Comme toutes les figures découpées de la collection du musée, celles-ci ont été fixées sur un support, après la mort de l’artiste.

 

Sans doute Rodin avait-il le projet d’utiliser cet assemblage pour réaliser une nouvelle aquarelle. Le remplacement du pinceau et du crayon par des ciseaux trouve quelques années plus tard de nombreux échos, en particulier dans les papiers collés cubistes, dans les gouaches découpées qu'Henri Matisse (1869-1954) réalise au cours des dernières années de sa vie, ainsi que dans les papiers et dessins déchirés à partir desquels Hans Arp (1886-1966), dans les années trente, crée de nouvelles « constellations ».

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