Auguste Rodin (1840 -1917)

Deux femmes enlacées

1908

Crayon et aquarelle sur papier

H. 32 cm ; L. 24 cm

D.7195

Le sujet des amours saphiques est très fréquent dans les dessins de Rodin qui souvent fait appel à plusieurs modèles simultanément.

 

L’impétuosité et la justesse du mouvement ont dû être saisies de façon instantanée puis reportées sur une nouvelle feuille, l’artiste ayant l’habitude de décalquer son dessin de premier jet afin d'aboutir à un nouveau dessin, épuré. C’est le cas ici, où le contour ne présente ni déformation ni reprise. La ligne magnifiquement maîtrisée et continue sert à déterminer et modeler les formes, devenues intemporelles, qui ne sont même pas couvertes de l’habituel jus léger de lavis ocre. Les seules couleurs sont la coulée d’aquarelle bleue sur les plis du drapé de la femme de gauche et les touches ocre jaune rehaussant les chevelures.

 

Cette pièce est un parfait exemple de la dualité, dans les dessins de Rodin, entre les données immédiates de la vie et la recherche de style. Elle est aussi exceptionnelle par sa dédicace :

« Hommage

à ma grande amie

Judith Cladel

Auguste Rodin

1908 ».

 

Judith Cladel, soutien indéfectible de l'artiste, fut la première à classer, après sa mort, le considérable fonds de dessins du musée Rodin.

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