Auguste Rodin (1840 -1917)

Lettre d'Auguste Rodin à Rose Beuret

Début 1876

Encre sur papier

H. 21 cm ; L. 13,8 cm

Inv. L.6

Encore inconnu du public, Rodin réalise un rêve de jeunesse ardemment conçu qui le mène en Italie, étape obligée de toute carrière artistique. Sur la route, il adresse ce document unique à sa fidèle compagne Rose Beuret, qu'il n'épouse qu'en 1916, à la veille de sa mort. Parmi les manuscrits les plus anciens de l’artiste, cette lettre, très touchante, rend compte de son itinéraire jusqu’à Rome et témoigne de la complicité qui unit le jeune couple tout en annonçant l’artiste en devenir. Rose est la première de ses collaboratrices et c’est à elle qu’il recommande de surveiller ses œuvres en son absence.

 

Pendant ce temps, à Florence, le jeune sculpteur étudie Michel-Ange, Donatello et se confronte aux grands maîtres de la Renaissance italienne. En quête d'un vocabulaire formel, la découverte de l'œuvre de Michel-Ange dans son contexte le trouble considérablement. La qualité émotionnelle du modelé, les poses tourmentées et la force grondante directement issue du non finito réconfortent alors Rodin tout en lui révélant de nouvelles pistes à explorer.

 

 

Te dire que je fais depuis la première heure que je suis à florence, une etude de Michel Ange ne t’etonnera pas, et je crois que ce grand magicien me laisse un peu de ses secrets. Cependant aucun de ses eleves, ni de ses maîtres, ne font comme lui Ce que je ne comprends pas, car je cherche dans ses éleves directs, mais ce n’est que dans lui, lui seul, où est le secret. j’ai fait des croquis le soir chez moi, non pas d’après ses oeuvres mais d’après tous les echafaudages les systèmes que je fabrique dans mon imagination pour le comprendre, eh bien je réussi selon moi à leur donner l’allure ce quelque chose sans nom que lui seul sait donner.

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