Paris

Rodin inspire Arcade Fire

6 novembre 2013

Quatrième et nouvel album du groupe de rock indépendant Arcade Fire, Reflektor prend son inspiration dans le mythe d’Orphée. La sculpture d’Auguste Rodin "Orphée et Eurydice" illustre d'ailleurs la pochette et deux chansons sont consacrées à l’un et l’autre des célèbres personnages : "Awful Sound (Oh Eurydice)" et "It's Never Over (Hey Orpheus)". Les Inrocks ont publié un très intéressant article sur l'inspiration du groupe montréalais.

 

Découvrir l'oeuvre

Le marbre Orphée et Eurydice s'inspire du mythe grec d'Orphée, poète capable par son chant de charmer tous les êtres, sur cette terre comme dans l'autre monde. Ayant perdu sa bien aimée, Eurydice, il obtint du dieu des Enfers, Hadès, de pouvoir la ramener parmi les vivants à condition de ne pas se retourner pour la regarder tant qu'ils ne seraient pas sortis de son royaume souterrain. La scène représentée se place juste avant ou juste après le moment le plus dramatique : Orphée se cache les yeux pour ne pas être tenté de se retourner ; à moins qu'il ne s'afflige, venant de réaliser qu'Eurydice lui échappe, car il a jeté un regard derrière lui, inquiet de ne pas l'entendre - elle n'est qu'une ombre, car elle appartient encore au monde des morts ; on peut imaginer alors qu'elle l'effleure une dernière fois, comme un adieu définitif...

Rodin, qui aimait que ses oeuvres conservent une part de mystère et d'ambiguïté, a réutilisé ici une figure féminine qu'il avait créée pour La Porte de l'Enfer, et pour Orphée un nu masculin créé lui aussi vers le milieu des années 1880. L'artiste a dressé ces deux figures contre un fond évoquant la sortie des Enfers, constitué par un pan du bloc de marbre traité sommairement - il s'agit de l'une des première oeuvres dans lesquelles le sculpteur donne autant de place au matériau brut, procédé appelé à devenir l'une de ses caractéristiques stylistiques les plus notables.

Cette composition a été taillée dans le marbre en 1892-1893, pour un collectionneur américain, Charles T. Yerkes ; c'est donc l'une des toutes premières oeuvres du sculpteur à avoir rejoint les Etats-Unis. Elle à ensuite été acquise en 1910 par Thomas Fortune Ryan, qui en fit don immédiatement au Metropolitan Museum de New York.