Le Rêve

Jules Desbois (1851 -1935)

1914-1922

Albâtre

H. 27 ; L. 23 ; P. 17 cm

Avec ce buste en albâtre, Jules Desbois incarne à la perfection la rêverie : la tête d'une jeune femme aux yeux clos incline vers l'avant avec douceur ; son abondante chevelure, coiffée en chignon à l'arrière, se mêle habilement au bloc dont émerge la figure. La translucidité de l'albâtre renforce l’impression de rêve en donnant un caractère évanescent à la composition, que l'on pourrait rapprocher, fait rare chez Desbois, du courant symboliste. Cette œuvre de petite taille, précieuse par son matériau mais puissante dans son expression, témoigne des talents de l’artiste qui excelle tant dans l’art statuaire que décoratif.

Ce petit buste trouve plusieurs parallèles dans l'art de Jules Desbois. On pense tout d'abord à un autre buste de femme, L'Orgueil, acheté par l'État pour le musée du Luxembourg en 1912 et aujourd'hui au musée d'Orsay : bien que l'effet général soit très différent, on retrouve l'inclinaison du visage, les yeux clos, l'attention portée à la chevelure, le non finito du support, la portée allégorique de la figure. Son portrait en pierre d'Auguste Rodin taillé en 1911 (S.01152, déposé au musée Jules Desbois de Parçay-les-Pins) est quant à lui beaucoup plus proche dans la composition puisque la tête du sculpteur émerge d'un bloc dans lequel la barbe du maître fusionne avec la pierre.

L’acquisition de ce petit buste allégorique en albâtre vient consolider le fonds d’œuvres de Jules Desbois, l’un des plus proches collaborateurs de Rodin.

< Volver a la colección