Auguste Rodin (1840 -1917)

Tête de Camille Claudel coiffée d'un bonnet

Vers 1884 (?)

Terre cuite

H. 25,7 cm ; L. 15 cm ; P. 17,7 cm

S.208

Lorsque Camille Claudel entra pour la première fois dans l’atelier de Rodin, elle avait vingt ans. Son visage, dès ce moment, fascina le sculpteur qui réalisa plusieurs portraits de la jeune femme : Camille aux cheveux courts, Camille au bonnet, Masque de Camille Claudel.

 

Ce visage où l’on retrouve « l’éclat triomphal de la beauté et du génie », le front « superbe », « les yeux magnifiques », la « grande bouche plus fière encore que sensuelle » ( Paul Claudel, 1951 ), révèle cependant une sorte de fêlure. En laissant apparentes les traces du travail, les boulettes de terre qui forment comme des larmes au coin des yeux, les traces de coutures et de moulage, comme autant de cicatrices, le sculpteur, par le biais du matériau même de la sculpture, fait apparaître une mélancolie sous-jacente, un éloignement affectif du modèle, les yeux perdus au loin.

 

Comme il le fit avec Rose Beuret ou Mme Russel, Rodin reprit les traits de la jeune femme dans des portraits allégoriques : L’Aurore (vers 1895-1897), La France (vers 1902-1903) ou dans des compositions qui en modifient la signification : Masque de Camille Claudel avec la main gauche de Pierre de Wissant (vers 1895), ou L’Adieu (vers 1898) dit aussi La Convalescente. Le modèle au bonnet fut décliné dans des matériaux variés, de la terre cuite à la pâte de verre.

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