Auguste Rodin (1840 -1917)

Madame Fenaille, la tête appuyée sur la main

1912-1913

Marbre

H. 66,5 cm ; L. 88 cm ; P. 92,5 cm

S.1397

Marbre, deuxième version, exécutée par Émile Matruchot ; don Mme Robert de Billy, 1947.

Mécène et ami de Rodin, Maurice Fenaille commanda au sculpteur en 1898, au moment de l’affaire du Balzac, comme pour lui signifier son soutien, le portrait de sa femme. Cette commande, qui s’ajouta à celle déjà passée pour la décoration de la villa de Maurice Fenaille à Neuilly-sur-Seine donna lieu à la réalisation de plusieurs versions, quatre marbres, une pierre, trois terres cuites et treize plâtres.

 

Marie Fenaille faisait partie de ces jeunes femmes au visage fin et délicat dont le portrait, exécuté en petites et grandes dimensions, fit l'objet de nombreuses variations parfois infimes, à l’instar des portraits d’Hélène de Nostitz. Il ne s’agit pas ici d’un portrait mondain, comme ceux réalisés à partir des années 1880 (Mme Roll, Mme Vicuna), mais d’un portrait plus intime, Rodin s’attachant dans les années 1890 davantage aux visages de ses proches (Camille Claudel, Rose Beuret, Mrs Russell). Rodin joua en fait sur un double aspect de la jeune femme, à la fois femme du monde, par la position sociale de son mari, et femme amie, proche du sculpteur.

 

Les deux premières versions en marbre reprennent les traits du modèle de manière plus fidèle, tandis que les deux suivantes, plus tardives, sont dotées d’une dimension allégorique. Dans cette version, il s’agit moins de donner une image de la jeune femme, que d’évoquer sa présence. Le visage, caché par l’ajout d’une main, paraît peu à peu s’enfoncer dans le bloc de marbre laissé brut. La forme semble se dissoudre dans la matière, et par son traitement, l’oeuvre, laissée inachevée en apparence, se réfère au travail de Michel-Ange.

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