Auguste Rodin (1840 -1917)

De Profundis Clamavi

1887-1888

Plume et encre brune, lavis d'encre brune

H. 18,6 cm ; L. 12 cm

D.7174 H

Extrait d'une page d'un exemplaire de l'édition originale des Fleurs du Mal. Acquis par le musée Rodin grâce à la participation de David David-Weill et Maurice Fenaille, 1931

Si, passé le début des années 1880, Rodin cesse d’explorer l’univers de Dante Alighieri dans ses dessins d’imagination, il demeure fidèle au style fortement contrasté des « dessins noirs » et continue à utiliser gouache et lavis d’encre jusque à la fin des années 1880.

 

On constate en particulier la permanence de ce style dans certains des dessins à l’encre réalisés par l’artiste pour le recueil de poèmes Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. C’est en raison de ses affinités particulières avec le poète, et pour répondre à une commande précise de Paul Gallimard, que Rodin orne de vingt-sept dessins les pages de l’exemplaire personnel de l’éditeur et bibliophile, entre octobre 1887 et janvier 1888.

 

Dérivant de dessins plus anciens inspirés de L'Enfer de Dante, ce couple d’amants, aux corps modelés par quelques ombres de lavis, exprime par son attitude toute la passion douloureuse contenue dans les vers de Baudelaire, que Rodin a pris soin de recopier au bas du dessin :

 

« Page 64

j’implore ta pitié toi

l’unique que j’aime, du

fond du gouffre obscur

où mon cœur est tombé ».

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